La coopération de l'Union européenne en matière de migration avec la Libye, nation nord-africaine fracturée, est à nouveau sous les projecteurs après que des avocats des droits humains ont déposé les noms de quelque 120 dirigeants européens, dont le président français Emmanuel Macron et l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel, auprès de la Cour pénale internationale, les accusant d'avoir commis des crimes contre l'humanité envers des migrants en mer Méditerranée.
Le groupe, dirigé par les avocats Omer Shatz et Juan Branco, a déposé jeudi un mémoire juridique de 700 pages. L'Associated Press en a obtenu une copie.
Leur dossier s'appuie sur six années d'enquête. Il fait suite à une précédente demande adressée au bureau du procureur de la CPI d'enquêter sur des responsables européens pour des politiques migratoires qui, selon eux, ont conduit à l'interception, à la détention, à la torture, au meurtre et à la noyade de dizaines de milliers de personnes tentant de rejoindre les côtes européennes.
Aujourd’hui, les avocats affirment avoir identifié des dizaines d’individus européens, des chefs d’État de haut rang aux bureaucrates subalternes, comme « co-auteurs » aux côtés de suspects libyens pour la mort de 25 000 demandeurs d’asile et les abus contre quelque 150 000 survivants qui ont été « enlevés et transférés de force en Libye, où ils ont été détenus, torturés, violés et réduits en esclavage ».
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